À la lumière des évènements récents plus qu'inquiétants au sujet de l'escalade récente et alarmante dans l'armement de l'Iran, rappelons-nous ce que nous avons entendu, lors de l'élection
présidentielle de 2007, sur la position courageuse de Ségolène ROYAL au sujet du nucléaire iranien civil et militaire.
À cet égard, il est intéressant de relire ce que disait le Figaro du 11 septembre 2006 : "La position de Ségolène Royal sur l'Iran fait des vagues" ou encore "Ségolène ROYAL a-t-elle fait
une bourde sur le nucléaire iranien?" Dominique STRAUSS-KAHN parle de « dérapage ». ROYAL, elle, persiste et signe. Hier, interrogée sur RMC, la candidate de Poitou-Charentes a enfoncé le clou. «
Je maintiens la position que j'ai prise. Je ne suis pas favorable à ce que l'Iran accède au nucléaire civil. Je pense que ce sont les deux challengers qui ont tort sur cette question », a-t-elle
expliqué.
« L'Iran refuse le contrôle sur le nucléaire civil » et « rien ne dit que petit à petit cela ne s'orientera pas vers de l'enrichissement de l'uranium à dimension militaire. Dans la mesure où ce
pays qui nie l'existence de l'État d'Israël refuse de se voir contrôler l'accès au nucléaire civil, nous avons la responsabilité de ne pas l'autoriser », a-t-elle ajouté. Le ministre de la Défense
Michèle ALLIOT-MARIE a jugé cette proposition d'une « légèreté regrettable » qui révèle « une méconnaissance des traités, des mécanismes internationaux et des réalités du nucléaire ». Laurent
FABIUS a expliqué sur Canal + que « si nous disons à l'Iran: « vous ne pouvez pas faire de nucléaire civil », l'Iran est complètement dégagé de sa parole et va se précipiter d'autant plus vers le
nucléaire militaire », citant en exemple la Corée du Nord. « Pour pouvoir faire respecter la place de la France dans le monde, il faut connaître les traités qu'elle a signés », a déclaré DSK sur
RTL. Un de ses proches, Jean-Christophe CAMBADELIS, s'est dit « interloqué » par la dernière déclaration de ROYAL.
Y a-t-il encore des gens qui se demandent pourquoi Ségolène ROYAL a perdu une élection que l'on qualifiait d'imperdable face à un Nicolas SARKOZY qui aujourd'hui s'est rallié à la position de la
Présidente de la région Poitou-Charentes? Vincent PEILLON et François HOLLANDE ont d'ailleurs justement dénoncé le brusque retournement de veste de la part du Président SARKOZY et rappelé les
convictions de la candidate de la Gauche en 2007.
L'opposition systématique de la droite aux propositions pertinentes de Ségolène ROYAL est regrettable mais compréhensible stratégiquement. A contrario, on peut légitimement se demander quel était
l'intérêt de certains socialistes à mettre des bâtons dans les roues de leur "camarade"... terme plutôt galvaudé s'il en est, notamment dans la période récente, n'est-ce pas?